Fastes et splendeurs
| 20-21 septembre: agra |
 |
 |
Vous allez certainement nous demander pourquoi nous avons appelé notre périple „au fil du Gange“? Rassurez-vous, on y arrive dans 2 jours!
Pour le moment, nous longeons le fleuve Yamuna pour ne pas manquer la visite d’un des sites les plus extraordinaires du monde: le Taj’Mahal situé à Agra. Outre ce monument, la ville offre un aperçu de la richesse de l’empire moghol s’étendant du 16ème au 18ème siècle. A 12km au nord d’Agra, nous avons donc visité Sikandra.

Mausolée de l’empereur Akbar qui donna à l’empire Moghol toute sa grandeur. Aprés avoir cru que c’était un palais de par son imposante silhouette, il s’agit uniquement d’un tombeau. Impressionnant! En cette fin de matinée, le soleil tape déjà fort et nous nous réfugions à l’intérieur de la salle mortuaire. Le gardien se plait à faire résonner cette salle d’un retentissant „Allah Akbar“. Et oui, d’où l’origine de l’appel repris par tous les muezzins du haut de leurs minarets.

La route vers le centre ville d’Agra est toujours autant cahotique. Bloqués dans un bouchon suite au passage d’un train, nous franchissons le passage à niveau... mais la barrière se baisse déjà ... et nous sommes toujours au milieu de la voie... personne ne panique (sauf nous)... il était moins une!

Sortis de cette cohue, nous nous réfugions au Joneys’. 4 tables, quelques chaises et voilà un nouveau restaurant! Le patron, à même le trottoir, mitonne de bons petits plats indiens, pour tout les goûts. Succulents et pas chers. Depuis notre arrivée dans ce pays, chose suprenante, nous ne sommes pas arrivés à dépenser plus de 1 euro par personne pour un repas complet!
 |
Rien à ajouter si ce n’est notre rencontre, dans cette gargotte, avec Amidh. Vendeur de parfums, sa boutique, c’est sa valise.Il la transporte dans toute la ville à la rencontre d’hypothétiques acheteurs. Un peu poète, il nous raconte l’histoire de ces fleurs qu’il cultive dans son jardin. Ces fioles renferment des senteurs de jasmin, magnolia, rose, amande, opium, lotus... nous ne saurons rien de ses secrets de fabrication, mais le personnage vaut le détour! |

La journée se passe ainsi, très vite, et la nuit arrive tout aussi vite. Il faut dire que le soleil se couche relativement tôt (vers 18h30). En soirée, le cahos ne faiblit pas dans cette ville qui vit au rythme des coupures d’électricité. Le réseau électrique est un entrelas indescriptible de câbles qui „décorent“ les rues. Et lorsque deux de ces fils ont décidé de flirter, préparez vous à un feu d’artifice! L’étincelle jaillit... rapidement suivi d’un black-out total! Conclusion, mieux vaut trouver un lieu équipé d’un groupe électrogène pour finir la soirée (remarquez la bougie peut être aussi romantique!)... et surtout nous permettre de vous envoyer ces mails!

Retour, dans le noir à l’hôtel en zigzag pour éviter bouses de vaches, crottes de chien, de singes et autres détritus tout aussi délectables. Petite anecdote: toujours dans l’obscurité, des enfants essaient d’effrayer, avec des pétards, une vache nonchalamment avachie sur un tas d’imondices. Peine perdue, celle-ce ne bouge pas d’un iota! Le flegme indien l’aurait-il atteinte?...

Après ce pragmatisme...place à un peu de romantisme! Pour y avoir droit, mieux vaut se lever tôt. Il est donc 5 heures, ce mercredi matin, quand nous partons visiter le Taj’Mahal.

| Bien sûr on en a déjà entendu parler, on l’a déjà vu en photo, en reportage, mais est-il vraiment aussi majestueux? L’interrogation est à son comble avant le franchissement de la première porte. Mais au fait connaissez- vous son histoire? Celle de Shah Jahan, 5ème empereur de la dynastie Moghol, qui, par amour pour sa muse, décédée lors de l’accouchement de leur 14ème enfant, lui fit construire ce somptueux tombeau. D’une beauté sans égal à nul autre monument, ce véritable „palais“ en marbre blanc se veut le reflet d’un amour dévasté. Comme aucun architecte du royaume n’était apparemment capable de mesurer la dimension du projet ainsi que la douleur de l’empereur, Shah Jahan fit appel à un architecte perse. Et pour bien lui faire comprendre sa tristesse, il tua la fiancée de celui-ci.
Difficile de vous décrire les impressions ressenties tant l’ouvrage est somptueux au soleil levant. On se prend à rêver à cette époque et à cette histoire d’amour. Le Taj’Mahal ne se décrit pas, il se vit. |
 |

Mais dans cette belle histoire, une note de crauté noircit le tableau. Le propre fils de Shah Jahan, pour assouvir sa soif de pouvoir, fit enfermer son père dans son palais: le Fort Rouge construit le long de la Yamuna, d’où on aperçoit le Tah’Mahal. Depuis sa prison, il contempla, pendant 8 ans, et ce jusqu’à sa mort, le tombeau de sa bien aimée. Une visite également passionnante!

Voilà, c’est fini pour l’intermède historique, nous reprenons la route pour Delhi. C’est depuis la capitale que nous partirons samedi matin, en train, direction plein nord: les sources du Gange.
Nous quittons donc Sanjay, notre chauffeur, dont voici la photo... à la demande de Marie-Anne, une de nos lectrices. Merci à tous ceux qui nous ont écrit et à vous tous qui nous suivez.

A bientôt
Géraldine et Yann
| PHOTOs |
 |
 |


