Au fil du Gange - Carnet 5

Parc National Rajjaji - Espace detente

 27-29 septembre

Nous vous avions promis de vous raconter notre balade dans le parc national Rajjaji, en voici le récit.

Tout a commencé avec notre rencontre à Haridwar avec Sanjeev. A la fois guide, directeur d'une agence de voyages, propriétaire de cinémas et cameraman par passion, le contact est facile. Comme nous n'avons pas le temps de découvrir les hauts sommets himalayens, Sanjeev nous emmène à quelques kilomètres d'Haridwar, découvrir cette réserve naturelle. C'est en pleine verdure, loin des bruits de la ville, que vit un certain nombre de tribus. Ces habitants sont les descendants d'immigrés Afghans et Pakistanais du 16ème siècle. C'est au bord d'un ruisseau que nous avons rencontrées l'une de ces tribus.

Maison de terre et toît de paille, leurs habitations sont magnifiques et d'une propreté absolue... comparées à la ville. Tranquilité, sérénité et surtout joie de vivre sont les maitres mots de ce coin de nature.

Au milieu du village, l'école a trouvé sa place dans une petite hutte. Ici pas de stress scolaire, la maîtresse essaie, tant bien que mal, d'attirer l'attention des enfants deux heures par jour.

Côté revenus, les habitants récupèrent quelques roupies de la vente, à la ville voisine, du lait de buffle. Moins cher et moins énergétique que le lait de vache ou de chèvre, il est largement utilisé pour la fabrication des fromages et lhassis (sorte de yaourt liquide que Géraldine apprécie d'ailleurs tout particulièrement!).

La balade se poursuit à la découverte de la vallée voisine. Cascades, rivières abondantes, prairies verdoyantes, l'Inde nous offre un autre visage.

Ca fait du bien! Sanjeev se fait un plaisir de nous montrer tous les oiseaux, insectes et autres animaux vivant dans cet espace.

De retour au village, après plus de 2 heures de marche, un succulent repas nous attend.

Les enfants, eux ont déjà mangé, mais ils décident de nous rejoindre pour nous interpréter quelques chansons. Moment plein de sourires.

Passionné d'éléphants, Sanjeev nous raconte ses "chasses photographiques" de ces animaux sauvages. Il nous promet de nous emmener, le jour même, à la rencontre de ces bêtes très dangereuses contrairement à ce que l'on croit.

La fin de l'après-midi se passe donc à attendre les éléphants au bord du chemin qu'ils empruntent chaque jour pour aller s'abreuver au Gange. En vain... nous ne verrons pas le moindre bout de trompe...

Pour seule consolation, il nous emmène dans le petit village de Chilla, au sein du parc national pour nous présenter Yogi. Petit éléphanteau de 5 ans (pesant déjà 700 kilos), Yogi a été abandonné par sa mère alors qu'elle était chassée du village suite à des intrusions répétées. Sanjeev l' a recueilli en se promettant de le relâcher dans le milieu naturel quand il aura 15 ans.

C'est ici, dans une hutte façon club de vacances indiennes, aux douces arômes de buffles et d'humidité, que nous passons la nuit.

Une deuxième journée démarre au coeur du parc avec un moral à toute épreuve...Nous devons rejoindre en vélo la ville de Rishikesh, à 30 kilomètres de distance. Plein d'entrain les deux premières heures, le soleil de plomb et les selles indiennes nous font rapidement déchanter. La recherche d'eau devient vite plus importante que la beauté du paysage.

 

Nous trouvons enfin refuge à un carrefour , à l'ombre d'un arbre, sous lequel un vendeur ambulant nous prépare une omelette "maison". Arrêt réconfortant et nous repartons de plus belle...d'autant que nous ne sommes qu'à la moitié du parcours!

Le parcours se corse avec le franchissement d'un affluent du Gange que la mousson a fait débordée. Si les vélos ne s'embourbent pas, il n'en est pas de même pour certains bus qui se retrouvent coincés au milieu de la rivière.

C'est six heures plus tard que nous atteignons, suants et exténués, Rishikesh!

Dans les années '60 John Lennon et ses potes sont venus ici tenter de percer les mystères de l'hindouisme. Depuis, une ville sans passé religieux s'est créée de toute pièce. On la surnomme "Baba City".

Des dizaines d'ashrams (lieux de vie et de prière) ont poussé comme des champignons au bord de la rivière sacrée et les centres de yoga, relaxation, massage et enseignement en tout genre font le bonheur des commerçants.

Nous sommes loin d'Haridwar la Pieuse!

Jeudi matin, c'est à pied que nous visitons la ville et ses alentours. Les selles indiennes ont en effet laissé quelques séquelles... c'est en rickshaw que nous regagnons Haridwar, point de départ de notre train pour Varanasi (Bénarès).

5h30 du matin, vendredi 30 septembre, la gare d'Haridwar ressemble à un véritable dortoir où même les vaches élisent domicile! Géraldine a juste le temps de faire un pas de côté avant que l'une d'elle dépose sa marque et se laisse aller sur le carrelage du hall de départ!

Dans cette foule impressionante, personne n'est capable de nous indiquer le bon quai, c'est le bazar! Restons zen... un sprint, il était moins une, et nous voilà parti pour 24 heures de voyage direction la plus grande salle de bain du monde: Bénarès!

A bientôt

Géraldine et Yann

 


 


 


 


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