Sacré(e) Varanasi!
| 1-5 octobre: Varanasi |
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Nous y voici enfin! Bénarès ou plutôt Varanasi comme le veux la nouvelle législation indienne. Varanasi comme Varuna et Assi, les deux rivières qui se jettent dans le Gange en ce lieu. Ici le fleuve et la ville ne font qu'un. L'un n'existerait pas sans l'autre... D'ailleurs, en cette fin de mousson tardive, le Gange s'est largement immiscé dans la ville, inondant tous les ghats (escaliers qui permettent de descendre dans le fleuve). C'est au bord du Mir Ghat que nous avons trouvé une charmante guesthouse avec vue sur la rivière sacrée depuis le balcon de notre chambre. Ce sera notre havre de paix et de repos durant ces 5 jours passés dans la cité. En ville, dans les artères principales, la circulation est toujours aussi cahotique, bruyante, désordonnée. Les chauffeurs de rickshaws nous interpellent avec toujours autant d'insistance "Rickshaw, where do you go, come, come!"... puis-je aussi utiliser mes deux jambes? Car il faut savoir se perdre dans ce dédale de ruelles pour retrouver un peu de sérénité.

Varanasi est un véritable labyrinthe d'impasses, d'allées et de coursives où les rickshaws et voitures ne peuvent se faufiler. Piétons, vélos et motos se fraient tant bien que mal un chemin au milieu d'une foule compacte. Des milliers de minuscules boutiques vendent de tout.

Du beignet frit en passant par les cahiers d'écolier, jouets, encens, sans oublier les célèbres saris. C'est aussi dans ce dédale que subsistent quantité de petits métiers: Couturier, repasseur, barbier, coiffeur, fromager, patissier, vendeur de journaux, de fleurs... tous regroupés par corporation.

Seul obstacle pour avancer, une ou plusieurs vaches au milieu du passage, parfois étroit! Réellement sacrées à Varanasi, elles ne bougent pas d'un poil et personne n'intervient pour les déplacer. On est donc obligé de s'y frotter pour suivre sa route.

Mais attention où vous marchez, la bouse n'est jamais très loin... Les vaches font parties intégrante de la population. Les habitants les nourissent, les bichonnent. Nous avons même vu une vache assister avec attention à la bénédiction d'un prêtre sur le bord d'un ghat.

Nous ne savons toujours pas pourquoi sont-elles si sacrées? Les récits varient suivant les personnes. Certains racontent qu'elles sont la réincarnation d'un membre de la famille, d'autres qu'elles représentent la mère nourricière, donneuse de lait.
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Tout à coup, des bruits de cloches et de chants arrivent à nos oreilles. La voie s'ouvre, un cortège funéraire passe. L'atmosphère n'en est pas pour autant silencieuse. Pour nous, le moment est particulier, chargé d'émotions... mais un homme nous rassure vite "it's just a body" (c'est juste un corps). Sur son lit de mort garni de fleurs, porté par ses proches, un homme est emmené non loin de là, sur le lieu de crémation. Situé au bord du Gange, les buchers fumants accueillent les défunts. |
Des tonnes de bois sont stockés aux alentours car chaque famille doit acheter le bois de la crémation. Les plus riches achètent du bois de santal vendu 100 roupies le kilo (2 euros). Les cadavres des plus pauvres, mal consumés faute d'une quantité suffisante de bois sont tout de même jetés au Gange. Les cendres des plus aisés seront répandues sur le fleuve. Cet endroit n'est accessible qu'aux hommes, et c'est depuis un balcon surplombant les ghats que nous pouvons suivre la scène. (Photos non recommandées par respect pour les familles). Spirituellement, la crémation permet aux cinq éléments composant le corps de retourner à leur place par le feu. Sur des brancards de bois, des corps drapés de tissus colorés attendent une place. Au pied du ghat, de l'eau jusqu'à la taille, des orpailleurs recherchent les joyaux et autre bijoux des défunts. Dans une odeur de chair rotie, le spectacle est morose. Nous replongeons rapidement dans l'ambiance de la ville avec ses marchés.
| Dans la foule, Géraldine perd une branche de ses lunettes de soleil. Direction l'opticien. Service express et de qualité. En dix minutes et pour une roupie (2 centimes d'euros!) la réparation est effectuée. Ce prix défiant toute concurrence nous a fait beaucoup sourire. |
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Mais impossible d'échapper au côté spirituel de la ville. Sur le ghat principal, les cérémonies nocturnes commencent à s'installer. Chants, cloches, méditations, prières, plus que des mots en voici quelques images. (l'audio n'est pas chargeable avec la lenteur des cyber boutiques de Varanasi)...



Varanasi est une lève tôt.

Dès cinq heures du matin, les ghats sont pris d'assaut par la foule. C'est un devoir pour chaque habitant de la ville ou pélerin de commencer la journée par une série d'ablutions dans le Gange.

Il faut s'immerger trois fois de suite, tourner cinq fois sur soi-même, faire une offrande au Gange et dire ses prières.

Après ce rituel rigoureux, le fleuve se transforme en salle de bain. La pudeur est restée au vestiaire. Les saris tombent. Hommes, femmes et enfants, ils sont des milliers à se savonner dans une eau plus que douteuse.

Une ambiance multicolore hallucinante à apprécier au saut du lit! Une fois propres, les gens repartent avec leur bidons d'eau sacrée.

Pour les touristes que nous sommes, nous avons vécu ce moment en louant pour une heure les services d'un des nombreux rameurs du Gange. L'occasion de découvrir les vestiges architecturaux des palais de Maharadjas vivant ici il y a un peu plus d'un siècle.

Demain, mercredi, nous quittons Varanasi pour prendre de l'altitude, direction le nord-est: Darjeeling. Mais avant cela, le neveu du propriétaire de la guesthouse, nous a promis, ce soir, un concert de musique indienne... Les récits sont encore loin d'être terminés,A bientôt de vous retrouver
Ge et Yann