| Ce dimanche matin, nous avons décidé de changer un peu d’air... et
d’altitude... Mais le taxi qui doit nous conduire à Chacaltaya, la plus
haute station de ski du monde, ne montrera jamais le bout de son
capot... et pour cause... les 40 dollars que nous avions convenu de lui
payer, lui ont certainement semblé bien dérisoire au vue de la
situation sociale et économique actuelle! Nous sommes donc cantonnés
dans le centre ville car excursions et balades de plus de 12Kms ne
peuvent se faire...Les taxis ne prennent pas de risque (l’essence se
fait rare)... les prix ont flambé (exemple : un trajet de 20 kms
coutait 45bols (soit 6 euros), il est aujourd’hui au prix de 200bols,
soit 30 euros!). La ville est en état de siège, impossible d’en
sortir... Deux motards americains sejournant dans notre guesthouse ont
essayé ce matin de franchir les frontières de La Paz... en vain. Deux
heures plus tard, leurs motos pétaradent a nouveau dans la cour de
l’hotel. Pourtant, la ville semble dormir, les rues du centre ville sont calmes,
...mais les vehicules se font rares par manque d’essence. |  |
De plus, l’aéroport de La paz est fermé, les
militaires et les polices armées sont presents à chaque carrefour, et
c’est surtout dans l’alto (la ville haute) que le conflit se fait plus
dur. On dénombre des morts et des blessés mais ne sachant pas très bien
à quel saint se vouer, la situation nous apparait des plus troublantes.
C’est donc tout naturellement vers la presse
bolivienne et sur internet que nous nous tournons pour avoir plus
d’informations... AFP, Le Monde, France-Info... rien, pas la moindre
ligne sur le conflit bolivien! Par contre des pages et des pages sur
les solutions de paix au Proche-Orient , sur les attentats a Bagdad, le
foot et les malversations financières,... Vous ne voulez pas que nous
vous fassions un papier sur la vie ici? Mais le monde semble s’en
moquer royalement... et vous ça vous intéresse? ...
Et bien voilà: nous avons plusieurs fois mentionné des états de faits
sur les conflits sociaux qui touchent en ce moment même la Bolivie
toute entière, aujourd’hui , disons-le, ces problemes ne relèvent plus
d’une petite grève passagère!
En effet, entre dénonciations de coup d’etat par l’actuel gouvernement
de Sanchez de Lozada (président de droite) et revendications de la
coalition de gauche dirigée par Evo Morales, c’est tout un pays qui
s’enflamme. Les paysans de l’altiplano, les producteurs de coca, les
syndicats, les transporteurs, le corps enseignants et même les
policiers à la retraite (quelques arrestations au passage...), bref
beaucoup de monde réclame des accords économiques équitables sur
l’exportation de gaz naturel en direction du Chili et des Etats- Unis.
Rappelons que nos chers „compatriotes“ americains ont dejà la main mise
sur le marché de la coca... et du Coca C… et autres ressources
boliviennes... et pourquoi pas le gaz naturel?!
Selon la presse sud-americaine, le processus et les accords sur le gaz
n’ont pas été encore discutés, et pourtant ça chauffe! Serait-ce un
ras-le-bol général, un état d’esprit pessimiste ou une pauvreté
quotidienne, qui donnent aujourd’hui ce conflit??...Du coup (pas d’etat
celui-la!), c’est sous bonne garde militaire que nous assistons ce
dimanche matin à un concert de musique en plein air, devant le palais
presidentiel, pour fêter les trente ans... du corps musical de l’école
navale militaire...
Quel contraste alors que quelques rues plus loin,
ce sont les tirs de la Police Militaire contre les manifestants qui
donnent le tempo!...
Bref, en resumé, beaucoup de problemes mais la vie
suit son cours...les voitures d’enfants remplacent les voitures des
grands sur les immenses avenues de La Paz.
Et pour nous? ça roule aussi... heureusement, notre carburant c’est le chocolat... (c’est bon pour le moral!)
Nous sommes seulement dans l’attente.... prêts à partir, nos sacs
aussi... mais dans quelle direction... les prochains jours nous le
diront certainement...
Hasta Luego!
Bientôt trois jours que nous n’avons plus vu une seule voiture, bus ou
camion en ville... La Paz pourra certainement recevoir le titre de
„capitale la moins polluée d’Amerique Latine“!... Tous les habitants de
La Paz se déplacent à pied, quel courage!Et quel sens civique!... enfin presque... Il n’y a plus une goutte
d’essence... donc ils n’ont plus vraiment le choix. La ville est en
état de siège, impossible d’y pénétrer, ni d’en sortir... déjà une
semaine que nous avons atterri ici... et le temps commence à se faire
long... Nous qui pensions visiter la Bolivie! Nos plans se sont tournés
vers le Perou, tout proche... mais il semble bien que cette option
soit, elle aussi, fort compromise...
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L’aéroport
est fermé... seuls les
avions militaires déchargent munitions et troupes...L’aéroport
international se trouve dans la ville haute „El Alto“ et c’est dans
cette zone que les heurts entre l’armé et la population sont les plus
violents... (certains medias annoncent 30 morts, d’autres 70...) peu
d’espoir donc d’un avion civil pour Cuzco, jeudi.
Hier lundi, les mécontents de La Paz et de la Bolivie tout entière se
sont regroupés dans le centre ville, sur la place San Francisco... à
deux pas de notre guesthouse... Syndicats, corporations, corps de
metiers..., tous avaient le même mot à la bouche „Goni assassin, Goni
démission...“. Pour rappel, Goni est le surnom donné à l’actuel
président Gonzalo Sanchez de Lozada. Des milliers de manifestants
descendent de tous les quartiers de la ville pour crier leur colère
face à la nonchalence d’un gouvernement à l’action plus que laxiste. La
ville est en état de siège... toutes les rues ont été demontées et les
pavés servent à dresser des bariccades... Les poubelles qui ne sont
plus ramassées brulent un peu partout...
Nous ne nous ennuyons donc pas vraiment. Appareils photos en
bandouliere, nous sommes accueillis à bras ouverts par les
manifestants... „vous devez leur montrer en Europe, vous devez leur
dire combien notre gouvernement est corrompu“. Il faut dire que, la
ville étant fermée, les medias sont peu nombreux. Il est assez
interessant, en fait, de vivre le renversement (souhaité par la
population) d’un regime (qui lui semble vouloir rester en place).
Par contre il ne fait pas bon être militaire. A chaque coin de rue, les
forces de la police militaire se font huer et traiter de tous les
noms... être à la solde de Goni n’a pas que du bon...
Et ce sont ces mêmes militaires, qui, certainement suite à un ordre
venu d’en haut, chargent les manifestants, tirent des bombes lacrymo
(Nous qui avions le nez bouché depuis quelques jours, c’est très
efficace!...), et essayent d’eparpiller les mécontents... souvent avec
pas mal de difficultés.
Hier lundi, en fin d’après-midi, la ville ressemblait plutôt à Sarajevo
après la guerre... vitrines eventrées, banques détruites, magasins en
feu... mais ce matin tout était calme... un champ de bataille, où les
poubelles continuaient à se consumer doucement.
Outre nos balades dans les manifs, nous passons pas mal de temps en
quête de nourriture. Déjà trois jours que le pain ne fait plus partie
des denrées comestibles de la ville. Hier soir, nous avons avec un
groupe de „gringos“ de la guesthouse trouvé certainement les derniers
hamburgers de toute la ville... un bonheur...
Ce mardi matin, notre petit-dejeuner, pris au marche, se
constituait de riz, une omelette et une pomme de terre cuite à l’eau...
pas si mal pour une ville assiegée... Nous en avons quand même profité
pour faire quelques provisions: fruits, pâtes, jambons, biscuits...et
même des chips pour l’apéro!
D’ailleurs c’est bientôt l’heure de l’apéro, histoire de se retrouver
avec les touristes de la guesthouse et de discuter (malheureusement pas
en espagnol mais in English) de nos experiences de routards sur cette
belle terre...
Santé! Et à bientôt pour de nouvelles aventures...